Alvance Wheels : Saint-Jean Industries empoche 46 Millions et détruit 100 emplois


Le verdict est tombé le 1er février dernier au Tribunal de Commerce de Paris. Il est venu confirmer les informations qui circulaient autour du dossier. C’est le groupe Saint-Jean Industries qui reprend l’entreprise indrienne de Diors, seule entreprise à produire des jantes aluminium en France. Sur les 60 millions d’euros du plan d’investissement promis par la famille Di Visio, propriétaire du groupe, les ¾ soit 46 millions, proviennent de fonds publics investis par l’État et la Région.

Si cette reprise permet de garder l’activité sur le site de Diors et le maintien de 166 salariés et donc autant de familles épargnées, elle se solde par la destruction de 100 emplois à travers 52 départs volontaires et le licenciement de 48 personnes, autant de familles qui connaitront l’incertitude et la difficulté.

Des licenciements qui auraient pu être évités selon la CGT.

Selon la CGT qui a appelé à un débrayage ce mercredi 9 février, ces emplois auraient peut-être sauvé. En effet, selon le plan du repreneur, une augmentation des effectifs après licenciement sera nécessaire d’ici 3 ans. On peut donc s’interroger sur les intentions réelles qui animent le groupe alors que la somme d’1,5 Millions par an sur 3 ans aurait pu permettre d’empêcher les 48 licenciements secs. On peut d’autant plus s’interroger sur cette décision quand on regarde l’âge moyen des licenciés. Selon la CGT, 2/3 des personnes licenciées ont entre 55 et 60 ans dont la plupart avec une ancienneté importante. Dans ce contexte, la mobilisation d’hier est un acte de solidarité des plus légitimes.   

L’Union Populaire et Jean-Luc Mélenchon contre le licenciement dans les entreprises bénéficiant des aides publiques.

Ce n’est pas la première fois que le groupe licencie une partie du personnel après avoir bénéficié d’argent public. Ainsi en 2012, Saint-Jean Industries rachète la fonderie du Poitou aluminium à Ingrandes-sur-Vienne et licencie directement 70 salariés. Pourtant l’équipementier bénéficiait d’une aide globale de 39 millions d’euros au moment de la reprise. Cela n’empêcha pas en 2019, le redressement judiciaire du groupe Saint-Jean Industries qui cédera le site à … Liberty House ancien propriétaire d’Alvance Wheels. Placé en redressement judiciaire l’année dernière et dont le site de la fonderie fonte a depuis cessé son activité laissant 292 salariés sur le carreau.

Cette partie de Monopoli sur le dos des salariés à coup de Millions d’euros d’argent public masque mal l’absence de stratégie de l’État dans le maintien en France de la filière automobile. Pendant ce temps, les dépenses d’investissement sont collectivisées et les profits privatisés. Dans ce domaine,  l’Union Populaire souhaite arrêter cette macabre récréation.

Dans le chapitre 8 de l’Avenir en Commun, le candidat à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon propose d’« interdire les licenciements boursiers et économiques par les entreprises qui versent des dividendes ou bénéficient des aides de l’État ».

Di Serio, un précédent qui inquiète.

Saint-Jean Industries et son directeur, ont une histoire lourde de rachat d’entreprises en difficulté, puis de mise en liquidation. Ainsi, quand le groupe rachète, en 2005, la fonderie Duranton-Sicfond à Vénissieux, il fait le choix de licencier 137 salariés. Il n’aura suffi que de quatre ans pour que Saint-Jean Industries soit mis en liquidation judiciaire et supprime les 108 derniers emplois du site de Vénissieux. Ce sera d’ailleurs la première fois qu’un conseil des prud’hommes reconnaîtra le licenciement sans cause réelle et sérieuse dans le cadre d’une liquidation judiciaire. Il dénoncera les manœuvres frauduleuses du Directeur (Di Serio) sur les salariés.

La France Insoumise en soutien aux salariés du site de Diors.

Jean-Luc Mélenchon, député insoumis et candidat à l’élection présidentielle pour l’Union Populaire, avait rencontré, le 15 juin 2021 à Paris, les salariés de l’entreprise Alvance Wheels.

Il n’a cessé d’apporter son soutien aux salariés de l’entreprise et de rappeler la nécessité sociale et économique de relocaliser nos industries, quitte à passer par une nationalisation temporaire ou à plus long terme.

(5) Jean-Luc Mélenchon sur Twitter : « Aucun repreneur pour Alvance Wheels Diors, dernière usine du pays à produire des jantes en aluminium. 287 emplois et un savoir-faire sont menacés. L’État doit agir d’urgence. Il faut faire pression sur Renault pour les commandes. Et nationaliser pour sauver la production. » / Twitter

D’autre part, Eric Coquerel, député insoumis, avait rencontré, le 17 juin 2021, les salariés, afin d’échanger avec eux et de leur apporter son soutien.

Il s’était également rendu au rassemblement à l’initiative du collectif « Plus Jamais Ça 23 » le 18 décembre 2021, où étaient rassemblés plusieurs salariés de différentes entreprises menacées de fermeture : Les Fonderies du Poitou, par exemple (entreprise dans laquelle s’était rendu Jean-Luc Mélenchon le 18 juin 2021.

Le député Coquerel a également à nouveau pu échanger, à Guéret, avec les salariés d’Alvance Wheels qui lui avaient fait part de leurs inquiétudes.

Les insoumis indriens, dont le conseiller régional Aymeric Compain, se sont évidemment rendus très régulièrement sur les piquets de grève devant l’usine de Diors. Ils sont restés en contact étroit avec les responsables syndicaux et ont suivi le dossier au quotidien sur les différents rebondissements de la reprise et des potentiels licenciements. Ils suivront de très près l’évolution de l’entreprise indrienne, seul site en France de fabrication de jantes aluminium.

Pour la France Insoumise et l’Union Populaire, garder les savoirs faire et les industries françaises est une nécessaire question écologique et sociale. Notre souveraineté est en jeu, le dynamisme de nos zones rurales ainsi que nos savoirs scientifiques et industriels dépendent de la volonté politique de garder sur le territoire français nos entreprises et leurs salariés.


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