Beaumanoir (ex-La Halle) – des subventions sans condition ?

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C’est un des traumatismes de la période post-confinement pour le département de l’Indre : la liquidation de La Halle. L’entreprise qui opérait deux entrepôts logistiques à Issoudun et Montierchaume, est passée en liquidation judiciaire en juin dernier. Comme nous l’expliquait Denis Perrichon, syndicaliste CGT et ancien salarié du site d’Issoudun, la faillite de La Halle, marque française, était avant tout due à son rachat quelques années auparavant par un fond financier vautour. L’endettement sans aucune stratégie de développement de l’entreprise avait fini par être fatal à celle-ci.

La faillite de La Halle

Dans l’Indre, la faillite de cette boite d’envergue nationale s’est payée par le licenciement des 289 salariés de l’entrepôt d’Issoudun. Une catastrophe pour le bassin d’emploi de cette ville puisque La Halle y était l’un des principaux employeurs. Le site de Montierchaume, en revanche, a été repris par l’entreprise de prêt-à-porter Beaumanoir. Ce nouveau propriétaire a promis de maintenir 155 emplois sur le site.

150 000 euros pour le repreneur

Montierchaume se situe dans la communauté d’agglomération de Châteauroux métropole. À ce titre, d’après la Nouvelle République, Gil Avérous, maire de Châteauroux et président de la communauté d’agglomération a décidé d’accorder une subvention substantielle à Beaumanoir pour son installation. Le prochain conseil, prévu pour le 1er octobre, devrait voter une aide de 150 000 euros. Beau cadeau de bienvenu qui ne devrait pas faire débat puisque Gil Avérous est largement majoritaire dans cette assemblée.

Un cadeau sans condition

Cependant, l’absence de toute condition liée au maintien et au développement de l’emploi risque de faire grincer des dents chez les salariés, les syndicalistes et la population du département. En effet, l’époque regorge d’exemple d’entreprises qui, après avoir encaissé les aides publiques et les subventions, licencient et délocalisent sans vergogne. Récemment, celui de l’usine de Bridgestone, à Béthune a fait les gros titres. L’entreprise japonaise qui a décidé de fermer ce site a touché des millions d’euros de la part de l’Etat et de la région Hauts-de-France depuis de nombreuses années.

La répétition de ce genre de cas incite de plus en plus de monde à demander que des conditions sociales strictes soient imposées avant d’accorder toute subvention. C’est notamment le cas des députés de la France insoumise ou du collectif de syndicats, d’associations environnementales et de collectifs « plus jamais ça ». Mais cette exigence n’est pas arrivée jusqu’aux oreilles de Gil Avérous. L’édile aurait pourtant dû apprendre de son expérience malheureuse sur la zone d’activité Ozans. Des millions d’euros avaient été dépensés par la collectivité, avec un résultat nul en terme d’emplois. Un fiasco qui devrait inspirer à la méfiance avant de verser les yeux fermés de l’argent public à des entreprises privées.

Pour s’engager à la France insoumise dans l’Indre :

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