Sénatoriales – Les réponses de François Avisseau

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Alors que les élections sénatoriales ont lieu le dimanche 27 septembre, les insoumis de l’Indre envoient un questionnaire aux candidates et candidats. Le but : connaître leur position sur une série de grandes questions. Nous publions sur « Ouste ! » les réponses reçues. Aujourd’hui, voici celles de François Avisseau et sa suppléante Sophie Cazé.

Adresse de la France insoumise aux 
candidats aux élections sénatoriales 

Le dimanche 27 septembre, auront lieu des élections sénatoriales. La France insoumise ne présentera pas de candidats. Nous le faisons en cohérence avec notre programme L’Avenir en Commun. Celui-ci propose comme point central un coup de balai général sur les institutions de la Cinquième République, au premier rang desquelles, le Sénat. Le Sénat est une assemblée qui n’est pas élue par le peuple mais par des « grands électeurs », qui n’ont d’ailleurs rien demandé. Pourtant, il a le pouvoir d’écrire la loi. Alors qu’on refuse que le peuple le fasse directement via des référendums d’initiative citoyenne ! Cette aberration démocratique devra à nos yeux être supprimée par une Assemblée constituante qui écrira la constitution de la Sixième République. 

Pourtant, aujourd’hui, le Sénat existe. Pour les élus municipaux, cela signifie l’obligation de faire un choix, un vote. Lors de la prochaine élection présidentielle, qui décidera de l’avenir du peuple français, les insoumis comptent faire gagner un programme de bifurcation écologique, de justice sociale et de renouveau démocratique. Si nous y parvenons, il faudra prendre des mesures d’urgence sociale et écologique, dans le cadre des institutions de la Cinquième République. Les sénateurs élus le 27 septembre prochain auront à se prononcer sur ces décisions. Cela nous intéresse donc de savoir comment ils se positionnent. 

Bien sûr, nous ne voulons imposer à personne qui n’y appartient le programme complet de la France insoumise. Nous nous adressons aux candidats à l’élection sénatoriale pour savoir s’ils partagent avec nous des causes communes. Ces causes communes concernent le partage des richesses, le partage du pouvoir et la protection de nos biens communs. Nous espérons recevoir le plus de réponses possibles. À l’issue de cette consultation, la France insoumise de l’Indre dira, si elle soutient ou non des candidats pour l’élection sénatoriale. 

Chers candidates et candidats à l’élection sénatoriale. En cas d’élection comme sénateur le 27 septembre prochain, soutiendriez-vous les mesures suivantes, dans le cas où elles seraient présentées devant votre assemblée : 

Le rétablissement de l’impôt sur la fortune ?

Réponse : Je suis favorable au rétablissement d’un impôt de solidarité sur la fortune qui englobe le patrimoine financier. Contrairement à ce qu’affirmait le gouvernement, aucune étude sérieuse ne confirme que la restriction de cet impôt à la fortune immobilière favorise l’investissement dans l’outil productif français. En revanche, le passage de l’ISF à l’IFI a fait perdre plus de trois milliards de recettes fiscales à l’Etat au bénéfice des ménages les plus aisés. En républicain, j’estime que l’impôt n’est pas simplement un moyen de financer l’Etat ; ce doit être un des leviers qui permettent de réduire les inégalités sociales dans notre pays. Au plan fiscal, la redistribution des richesses passe en outre par une remise en cause de la flat tax instaurée par le gouvernement et par une véritable taxation des GAFA.

L’abrogation de la loi El Khomri et des ordonnances Pénicaud sur le code du travail ?

Réponse : Les différentes réformes menées dans le domaine du travail depuis des années partent du principe, erroné à mes yeux, que notre législation est trop contraignante et qu’elle serait un obstacle à l’activité économique dans notre pays. La crise que nous avons connue en 2008 comme celle que nous traversons actuellement me semblent démontrer au contraire la nécessité d’un droit du travail qui offre garanties et protections aux salariés. Il suffit de regarder autour de nous pour mesurer à quel point le modèle social français joue un rôle d’amortisseur face aux déflagrations économiques mondiales. Il convient donc de revenir sur les dispositions défavorables aux salariés que contiennent les ordonnances Pénicaud et la loi El Khomri, en conservant cependant les avancées comprises dans cette dernière (garantie jeunes et droit à la déconnexion).

La reconnaissance du vote blanc à toutes les élections, l’instauration de référendum d’initiative citoyenne ?

Réponse : Une défiance s’est progressivement installée entre les citoyens et leurs institutions. L’histoire nous enseigne tous les dangers qui peuvent surgir d’une crise de légitimité en démocratie. Il faut donc agir. La reconnaissance du vote blanc est une proposition intéressante mais je la crois insuffisante. Il ne serait pas utile de l’envisager si la vie publique et médiatique de notre pays permettait l’expression d’un véritable débat public pluraliste dans lequel les citoyens pourraient trouver un débouché politique à leurs aspirations. Un véritable statut de l’élu permettrait en outre aux citoyens de s’engager plus facilement en politique, ce qui reste le meilleur moyen de transformer ce qu’on estime devoir l’être dans une société démocratique. Quant au RIC, si les conditions d’une délibération publique éclairée ne sont pas réunies, il pourrait devenir le jouet de démagogues qui en useraient pour imposer leurs obsessions, identitaires par exemple. N’oublions pas que ce sont les Hommes qui font les institutions : si nous voulons la République, il faut d’abord former des républicains, c’est-à-dire relever l’esprit public au moyen de l’éducation, de la culture et de médias réellement indépendants.

Le rétablissement des 35h réelles et l’ouverture d’un dialogue national sur les 32h ?

Réponse : La question de l’emploi exige à mes yeux un changement de logiciel : au « travailler plus » il faut substituer le « travailler tous ». Le chômage n’est pas qu’une statistique : derrière les chiffres se cachent le drame d’individus et de familles prises dans la spirale du déclassement qui finit par miner la cohésion sociale. Si l’on considère que la lutte contre le chômage est une priorité, il faut effectivement étudier l’opportunité d’une réduction du temps de travail hebdomadaire. La crise du Covid en a renforcé la pertinence. Même les syndicats allemands en parlent ! Ce débat doit avoir lieu et le Parlement doit s’en saisir.

Un plan de recrutement dans la fonction publique incluant au moins 60 000 soignants dans l’hôpital public et 60 000 professeurs dans l’éducation nationale ?

Réponse : La République s’incarne au quotidien dans les services publics. Les fonctionnaires, dont chacun reconnaît l’utilité en temps de crise, comme pour les soignants au printemps dernier, sont pourtant conduits à remplir leurs missions dans des conditions de plus en plus difficiles. La RGPP a imposé une logique malthusienne en termes d’effectifs qui, en dégradant le service, a permis de justifier auprès du public excédé des privatisations qui n’ont évidemment rien arrangé. Je suis donc favorable à un plan de recrutement dans l’éducation, à l’hôpital mais aussi dans d’autres services comme la justice.

La création de pôles public de l’énergie (EDF et Engie) et des transports (SNCF) au service de la planification écologique ?

Réponse : La transition écologique ne se fera pas d’elle-même. Elle se fera d’autant moins si elle est abandonnée à la logique du marché. L’Etat doit assumer son rôle de stratège et de garant de l’intérêt général sur le temps long. Il doit au besoin reprendre la main sur les secteurs clés que sont effectivement l’énergie et les transports. La nationalisation constitue en la matière une possibilité qui ne doit pas être écartée.

L’interdiction du glyphosate et des néonicotinoïdes ?

Réponse : La suppression de certaines substances utilisées notamment dans l’agriculture et reconnues comme nuisibles à l’environnement et à la santé est nécessaire. C’est le cas du glyphosate et des néonicotinoïdes. Ces interdictions supposent néanmoins de repenser plus globalement les conditions de la production en associant tous les acteurs, au premier chef les agriculteurs.

La désobéissance de la France à la directive européenne sur les travailleurs détachés ?

Réponse : La directive européenne sur les travailleurs détachés organise la mise en concurrence des salariés au sein de l’Union et favorise le nivellement par le bas de leurs droits sociaux. Il faut mettre un terme à ce système et au besoin s’y soustraire.

Une loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes incluant l’égalité devant le congé parental, des mesures étendant les sanctions en cas de non respect de l’égalité salariale et une programmation pluriannuelle de moyens supplémentaires pour la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ?

Réponse : La question de l’égalité entre les femmes et les hommes est souvent abordée de manière symbolique, laissant de côté les aspects les plus concrets. Porter la rémunération des femmes au même niveau que celle des hommes, égaliser les droits en termes de congé parental, lutter contre les violences faites aux femmes : tout ceci a un coût qu’il faut consentir si l’on veut passer des mots aux actes.

Une loi faisant de l’eau un bien commun et consacrant sa gestion 100% publique ?

Réponse : L’eau propre à la consommation, ressource indispensable à la vie, se fera, nous le savons, de plus en plus difficile d’accès à l’échelle de la planète. La raréfaction d’une ressource s’accompagne généralement d’un phénomène de spéculation qui n’est pas acceptable dès lors qu’il s’agit d’une ressource indispensable à la vie. Pour cette raison, il faut tendre à ce que l’eau échappe à la sphère du marché. Le seul effort des collectivités en ce sens ne peut suffire : c’est par la loi qu’il faut étendre la gestion publique de l’eau.

Par ailleurs, nous souhaiterions connaitre également votre positionnement sur plusieurs enjeux qui vont concerner le Sénat d’ici la fin du quinquennat Macron. Soutiendrez-vous l’extension de la parité pour les scrutins et les exécutifs locaux ?

Réponse : La parité s’est progressivement imposée à différents niveaux dans nos institutions représentatives. Il faut l’étendre encore car il s’agit d’un moyen efficace pour permettre aux femmes de participer plus largement à la vie publique, traditionnellement accaparée par les hommes. L’idéal serait de parvenir à s’en passer, ce qui sera possible le jour où la différence des sexes ne jouera plus aucun rôle dans la détermination des électeurs. Il faudra sans doute du temps pour aboutir à ce beau résultat.

Défendrez-vous un rééquilibrage des dotations de l’Etat aux collectivités entre rural et urbain ?

Réponse : Elu de la ruralité, j’entends bien la défendre si je suis élu au Sénat. La baisse des dotations, si elle touche toutes les communes, les frappe inégalement suivant les moyens dont elles disposent à la base. L’Etat, garant de l’égalité des territoires, doit tenir davantage compte de la spécificité des territoires ruraux. Une revalorisation de la DETR paraît à cet égard indispensable.

Et les Indriens pourront-ils compter sur votre soutien dans leurs luttes pour le maintien de l’emploi et des services publics partout dans leur département ?

Réponse : Les habitants de notre département perçoivent nettement la dégradation de l’offre de service public et certains s’engagent activement pour leur défense dans le cadre d’associations dynamiques. De même, les syndicats sont engagés dans la défense de l’emploi face à la désindustrialisation dont notre territoire fait les frais depuis des décennies. Sénateur, je me ferais un devoir de relayer et d’appuyer ces combats qui sont aussi les miens, comme militant politique et syndical.

Pour s’engager à la France insoumise dans l’Indre :

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