Exclusif – entretien avec le seul maire de l’Indre qui a signé contre la 5G

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La 5G, késako ? C’est une nouvelle technologie permettant l’accès à internet sur téléphone mobile ou sur des « objets connectés ». Son déploiement est actuellement au coeur d’un important débat en France. D’un côté, les adeptes de la « start-up nation », les amis des « premiers de cordées » qui ont sans cesse besoin d’aller plus vite plaident pour développer la 5G en France sans attendre. De l’autre, un front demandant d’attendre les conclusions définitives sur l’impact sanitaire de cette technologie et surtout, de réfléchir aux conséquences écologiques d’un modèle économique d’internet et de la téléphonie basé entièrement sur le profit. Ceux-là ont signé dans Le JDD du 13 septembre une tribune, qui leur a valu d’être traités « d’Amish » par Macron. Parmi eux, un maire de l’Indre : celui du Pont-Chrétien-Chabenet. Il répond aux questions de Ouste.

Ouste : Le 13 septembre, une tribune signée par de nombreux élus paraissait pour demander au gouvernement un moratoire sur le déploiement de la 5G. Vous êtes le seul maire de l’Indre à l’avoir signé. Pourquoi l’avoir fait ?

Guillaume Chaussemy : Parce que le sujet est important et parce que la demande d’un moratoire « en attendant les résultats de l’évaluation de la 5G sur la santé et le climat » faisait partie des 146 mesures proposées que le chef de l’État s’était engagé à reprendre. Nous voyons partout, ainsi que dans la ruralité, beaucoup de projets se mettre en place d’installation d’antennes 5G alors que ce travail d’évaluation n’est pas terminé. Le déploiement de la 5G débutera le 29 septembre avec le lancement des enchères pour l’attribution des fréquences, avant une commercialisation des premiers forfaits 5G à la fin de l’année. Emmanuel Macron trahit ses promesses alors que les habitants nous demandent quel sera l’impact sur la santé et l’environnement de ces antennes. Nous pourrions attendre le retour du rapport de l’ANSES qui arrivera en 2021 pour se faire une idée plus précise de l’impact.

« Rabelais devrait être dans les têtes : ‘science sans conscience n’est que ruine de l’âme' »


Ouste : En réponse à cette tribune, Emmanuel Macron a déclaré « bien sûr, la France va prendre le tournant de la 5G (…) je ne suis pas pour le modèle Amish ». Que lui répondez-vous ? Refuser la 5G, c’est refuser tout progrès ?

Guillaume Chaussemy : Bien sûr que non. Le mépris de cette attaque contre les 70 maires signataires expose la faiblesse de son argumentation sur le sujet. On a besoin d’un vrai débat démocratique sur le sujet, pas d’esbrouffe. Qu’en est-il des industries qui vont mettre en place cette 5G ? Qu’en est-il de la sécurité des données ? Sans ces réponses, comment se prononcer ? Concernant au progrès scientifique, il me semble que Rabelais devrait être dans les têtes avant de décider de mettre en place un projet : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

« La ruralité a besoin d’éliminer les zones blanches »


Ouste : De manière plus générale, quels sont les enjeux selon vous des territoires ruraux quant à l’accès à internet ?

Guillaume Chaussemy : Il faudrait déjà que les promesses de l’Etat, via l’ARCEP et des opérateurs soient tenues. La ruralité à besoin d’éliminer les zones blanches en 4G et de voir le déploiement de la fibre partout où cela est possible enfin se réaliser. Ces zones blanches, en plus de la fracture numérique due aux inégalités sociales ont créé malheureusement des différences entre les enfants scolarisés pendant le confinement. Il faut vite remédier à cela. Il faut aussi penser à l’attractivité de nos villes et villages, qui sans internet, sans un débit suffisant, ne permettrons pas aux entreprises de se maintenir en campagne, ou d’avoir envie de s’y installer.

Pour s’engager à la France insoumise dans l’Indre :

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