Opinion – Y-a-t-il encore un maire à Châteauroux ? – Par Antoine Léaument

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antoine léaument
Antoine Léaument est animateur du comité d’appui de La France insoumise à Châteauroux. Il a été candidat tête de liste lors de la dernière élection municipale pour Châteauroux Citoyen.

Ce matin dans La Nouvelle République Indre, on apprenait que monsieur Avérous, après avoir voulu faire ministre de Macron, puis secrétaire d’État de Macron (faute d’avoir été ministre), avait finalement voulu devenir sénateur avant de renoncer à le devenir quelques jours plus tard. Tout ceci mis à part, il annonçait il y a un mois vouloir être candidat aux élections départementales… Qu’en sera-t-il finalement ? Personne ne sait. On s’y perd ! Lui aussi, je crois. 

Pourtant, en mars, dans un océan d’abstention, monsieur Avérous surnageait. Avec 70% des suffrages, il est indéniable qu’il avait reçu un appui des habitants de notre ville pour exercer un nouveau mandat de maire. Même si l’abstention s’élevait à plus de 60%, même s’il n’avait pas obtenu la majorité absolue des inscrits, il serait absurde de lui contester une élection qu’à l’évidence il aurait obtenue même dans un autre contexte que celui d’un scrutin en pleine épidémie de coronavirus.

Un comportement qui provoque l’abstention

Mais si ce score est écrasant pour les adversaires qui se présentaient face à lui, il oblige celui qui l’obtient. Les habitantes et les habitants de notre ville ont voté pour avoir monsieur Avérous comme maire. Pas sa remplaçante ou son remplaçant. Pas le dauphin ou la dauphine qu’il choisira en cours de mandat pour le remplacer tandis que lui suivrait la pente de ses ambitions. Le mandat donné par les citoyens oblige celui qui en est le dépositaire. Il n’en devient pas le propriétaire comme s’il s’agissait d’actions dans une vaste entreprise électorale personnelle.

Ce comportement, celui de ceux qui, étant élus, considèrent leur mandat comme leur propriété ou comme des étapes dans une «carrière politique», est précisément celui qui dégoûte les gens de participer à toutes les élections intermédiaires. Beaucoup se disent : «À quoi bon voter ? De toute façon à la fin on se fait avoir. Ils ne pensent qu’à eux.» Comment pourrait-on leur donner tort quand on voit le comportement de monsieur Avérous ? Un coup macroniste, un coup chef de la droite départementale, un coup cumulard maire-président de l’agglomération, mais toujours prêt à être ministre, secrétaire d’État, sénateur, conseiller départemental… et peut-être bientôt conseiller régional ou député. 

La politique n’est pas une carrière

La politique n’est pas un métier, encore moins une carrière. C’est un engagement. Une brûlure, même. Avec Châteauroux Citoyen, nous avions porté pour la ville des engagements simples : pas de cumul des mandats, réduction de l’indemnité du maire au salaire moyen français (2200 euros par mois), suppression de sa voiture avec chauffeur. En un mot : abolition des privilèges municipaux. Ironique qu’il faille dire cela au lendemain de la nuit du 4 août ! Car, en 1789, elle signait la fin des privilèges de la noblesse et du clergé ! Aujourd’hui, c’est parce que certains élus (heureusement pas tous !) s’habituent à vivre leur mandat comme un privilège qu’ils finissent par se dire qu’on peut «vivre de la politique» comme on peut être banquier ou actionnaire. 

Bien sûr, à Châteauroux, nous n’avons pas obtenu le score de monsieur Avérous. Les urnes ont tranché. Et nous respectons leur verdict en n’oubliant pas les 60% de gens qui n’ont pas participé. Ils sont majoritaires. Mais quoi qu’il en soit, je doute que ceux qui ont voté pour monsieur Avérous s’attendaient à ce qu’il retourne sa veste comme cela. «C’est un bon maire», nous a-t-on dit. Personne ne nous a dit en revanche qu’il voterait pour lui permettre de devenir autre chose que maire. 

Le peuple doit redevenir le maître

Quant à nous, avec Châteauroux Citoyen, et quelle que soit notre déception compte tenu du score obtenu, nous restons fidèles à nos engagements de campagne : être utiles même en dehors des élections. C’est ce que nous faisons cet été avec notre audit citoyen de l’abstention (https://bit.ly/2C17CiO). Chez nous, pas d’ambitions personnelles. Juste une ambition collective, celle qui donnait son nom à notre programme : faire de Châteauroux la commune du peuple. Pour le faire, il faudra dégager l’équipe des ambitieux chaque fois que l’occasion se présentera. Maintenant que les choses sont claires, plus d’excuses. 

Le peuple doit redevenir partout le maître chez lui : en sa commune, en son département, en son État. Le pouvoir politique procède de lui et lui seul. Nous ne devons jamais l’oublier (nous, les citoyens), afin que nos représentants ne puissent plus non plus jamais l’oublier : l’ambitieux maire de Châteauroux (jusqu’à quand ?) comme le monarque devant lequel il était prêt à s’agenouiller pour servir (encore) ses ambitions.

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