La Halle – « Les fonds vautours sont la raison de cette débâcle » – Denis Perichon (CGT)

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Le groupe Vivarte possédait encore il y a quelques années 16 enseignes (André, Naf Naf, Kokaï, La Halle). La cession de la marque La Halle ce mois de juin 2020 signe la fin de son démantèlement. Au moins 2000 salariés dans toute la France risquent de se retrouver sur le carreau. C’est le cas de 500 Indriens qui travaillent sur les entrepôts de cette entreprise à Issoudun et Montierchaume. Un véritable choc social pour notre département qui paye déjà un lourd tribut pour la crise économique qui ne fait que commencer (Safran, Liberty Wheels, Makeen Energy, etc.). Alors qu’une manifestation doit avoir lieu samedi 13 juin à Issoudun (départ 9h30 au dépôt logistique), Ouste a posé des questions à Denis Perichon, responsable CGT La Halle dans l’Indre. Il décrypte une faillite subie par les salariés dont le capitalisme financiarisé à l’extrême est coupable et appelle les Indriens à soutenir la mobilisation des salariés.

Ouste : L’enseigne La Halle a été placée en redressement judiciaire à la fin du mois d’avril. Quelles sont les causes de cet échec économique selon vous ? Le coronavirus sert-il de prétexte ?

Denis Perichon : La raison de cette débâcle n’est rien d’autre que le rachat du groupe Vivarte par des fonds vautours. Il ont acheté le groupe pour 4,5milliard d’euros, un prix surévalué par le système des « LBO », c’est-à-dire par de la dette. Le groupe devait débourser la somme colossale de 300millions d’euros par an pour rembourser. Puis est venue la crise de 2008. Les changements de PDG tous les deux ans sont emblématiques de l’absence de politique commerciale stable. Depuis, nous empruntons pour rembourser cette dette avec 11% d’intérêts. Cela a entraîné un manque d’investissements humains ou matériels. Le coronavirus n’a fait qu’ accélérer la faillite de La Halle.

Ouste : Il semble que les deux sites logistiques de l’Indre (Montierchaume et Issoudun) ne soient pas inclus pour l’heure dans les offres de reprise. En tant que syndicat de salariés, êtes-vous informés ou consultés sur cette reprise ?

Denis Perichon : En effet. Les organisations syndicales et le comité social de l’entreprise ont bien été informés mais avec un temps très court pour négocier quoi que ce soit. Le 19 juin, tout est censé être fini.

Ouste : Quel serait l’impact économique et social pour le département en cas de fermeture des deux entrepôts ?

Denis Perichon : Les deux entrepôts représentent à eux seuls 500 emplois directs. Il y a autant d’emplois indirects en transporteurs, en intérimaires, etc.

« Les deux entrepôts représentent 500 emplois directs et il y a autant d’emplois indirects »

Ouste : Quelles sont les revendications des salariés pour les deux sites ? Quel dialogue avez-vous avec les élus locaux et le gouvernement ?

Denis Perichon : Nous voulons obtenir un vrai PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) avec de réelles primes de licenciements au-dessus du minimum légal. Il faut aussi que le plan inclue un budget de formation pour les salariés licenciés. Nous avons rencontrés plusieurs élus de l’Indre, parlementaires et maires. Quant au gouvernement, nous avons fait des demandes auprès des ministères du travail et de l’économie pour qu’ils interviennent dans la négociation.

« Nous voulons des primes de licenciement au-dessus du minimum légal et un plan de formation »

Ouste : Les qualifications des salariés des sites d’Issoudun et Montierchaume et leurs installations pourraient-elles être utiles à des activités d’intérêt général pour le futur ? Et si oui, lesquelles ?

Denis Perichon : Les installations ont entre 30 et 40 ans mais elles pourraient être utilisées pour le sport et les loisirs dans le département. Par contre, beaucoup de salariés n’ont connu que La Halle. Pour eux, il faut des plans de formation.

Ouste : Quelles mobilisations sont prévues ? Comment aider les salariés indriens de La Halle ?

Denis Perruchon : Samedi 13 juin a lieu une manifestation à Issoudun. Elle partira à 9h30 du dépôt logistique d’Issoudun.

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