11 mai – Macron en mode : « reprenez les classes et démerdez-vous ! »

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Impératif pédagogique du MEDEF

Nous pressentions depuis le 14 avril que la reprise des cours ne se ferait pas dans l’ordre annoncé par Blanquer. Lors d’une réunion avec l’Inspecteur d’académie de l’Indre le 16 avril, les représentants des personnels avaient d’ailleurs annoncé : « Nous espérons nous tromper, mais nous craignons fortement que les élèves qui reprendront le chemin de l’école en mai, soient d’abord les plus jeunes, qui ne peuvent pas se garder tout seul pendant que leurs parents travaillent… ». 

Malheureusement, nous avions vu juste. L’État a bien l’intention de faire garder les enfants des salariés par l’école, en dehors de toute considération pédagogique, le Premier ministre ayant même oublié de préciser à quelle date étaient attendus les élèves de 4ème et de 3ème dans les collèges ! (Forcément, ils sont assez grands pour se garder seuls !) La volonté est donc bel et bien de relancer la production « coûte que coûte », et l’école sera donc bel et bien la garderie du MEDEF ! Exit l’ « impératif pédagogique » !

Justice sociale ?

La Main sur le coeur, Macron disait que « la situation actuelle creuse des inégalités », propos repris par le Premier ministre en termes de « justice sociale ». Les inégalités vont-elles être réduites en faisant reprendre le chemin de l’école aux plus petits ? Et sans masque, compte tenu du fait que ceux-ci seraient dangereux pour eux ? Bien sûr que non, au contraire puisque selon un sondage réalisé par Odoxa-Dentsu, seuls 17% des parents d’élèves des milieux populaires comptent renvoyer leur enfant à l’école, contre 46% de moyenne. La reprise des cours le 11 mai sur la base du volontariat ne va donc pas réduire les inégalités mais les accroître ! 

D’autre part, on nous dit que pour respecter les mesures sanitaires, la cantine va être remplacée par des sandwicheries. L’équilibre alimentaire de nos enfants sera donc en jeu bien que pour certains d’entre eux, ce sera toujours mieux qu’une assiette vide… En effet, la famine menace dans certains département, notamment en Seine-Saint-Denis comme l’expliquait récemment un article de L’Insoumission. 

Les instances de dialogue social piétinées

Par ailleurs, les gouvernants ont joué sur le calendrier de manière scandaleuse. La plupart des instances techniques en partenariat avec les représentants des personnels ce sont tenues entre le 13 et le 24 avril. Ces instances ont pour but de définir les aspects techniques du fonctionnement des écoles, collèges, lycées dans un département ou dans une académie. Proposer un nouveau calendrier une fois ces instances passées relève du déni de démocratie et de dialogue social. 

Pire encore, les Comités Hygiène et Sécurité Conditions de Travail se tiennent depuis le 21 avril et jusqu’au 4 mai. Ils sont censés déterminer si, localement, la reprise des écoles est possible. Mais le calendrier prévoit un déconfinement variable selon les départements qui ne sera connu que le 7 mai. Comment les syndicats pourront-ils anticiper un calendrier alors inconnu (même de nos gouvernants, soyons clairs !)

« C’est pas moi ! »

Dernier point. Tout comme Le président l’avait fait, le Premier ministre dédouane totalement les dirigeants de ce pays de l’ampleur de la catastrophe à venir, en rendant responsables à tour de rôles, tantôt le « virus imprévisible » (Macron le 13 avril), tantôt une « pénurie mondiale » (Macron le 13 avril concernant les masques), le « relâchement » de certains par rapport au déconfinement (Macron et Philippe les 13 et 28 avril), et en comptant, pour que le déconfinement se passe bien, sur les seuls préfets, maires, et plus largement, dans un grand appel au civisme de chacun ! 

Car si les choses devaient mal tourner, quoi ? Ce serait donc la faute aux salariés qui ne peuvent pas respecter le confinement parce que leur entreprise a repris la production ? La faute aux préfets et maires qui n’auraient pas fait le nécessaire pour doter la population de masques (inutiles, jusqu’à peu…) ? La faute des familles qui doivent sortir de leur confinement pour acheter à manger ? De ceux qui prennent les transports en commun ? Des gosses qui vont faire des activités périscolaires alors que les activités sportives ne sont toujours pas autorisées ? La faute de l’opposition, peut-être, qui n’aurait jamais dû quitter « le café du commerce » (c’est ce qu’a dit Edouard Philippe dans son discours à l’Assemblée le 28 avril !) pour venir défendre des propositions de bon sens avec une réelle planification de déconfinement ? Nous voilà livrés à nous-mêmes, personnels, parents et élèves…


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