CHÂTEAUROUX – Les maisons de quartiers, sujet qui fâche au conseil municipal

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La question des maisons de quartier est un véritable serpent de mer de la vie municipale de Châteauroux. À chaque mandature sa crise, dissolution d’association, manque de financements, etc. L’animation dans les quartiers populaires de notre ville semble aller de mal en pis depuis 20 ans sans que cela ne suscite réellement de débat public. C’est cette indifférence pour un sujet qui touche tant de Castelroussins que le conseiller municipal insoumis Aymeric Compain a voulu briser au conseil municipal du mardi 12 novembre en y portant un voeu (consultable en cliquant ici).

Un voeu issu de contributions citoyennes 

L’élu, habitué à poser les questions qui fâchent, était venu avec dans sa besace un voeu sur l’avenir des «centres socio-culturels» (le nouveau nom pour désigner les maisons de quartier). Il a tenu à préciser que cette question avait été choisie parce qu’elle faisait partie des remontées les plus importantes issues de la démarche participative lancée par Châteauroux citoyen, tant par son site internet que par les campagnes de porte-à-porte et d’assemblées citoyennes qui sont menés dans les quartiers de la ville par ce collectif.

Le constat fait par les habitants de Saint-Jean, Beaulieu ou des Grands Champs est clair et unanime : un rabougrissent généralisé des activités proposées par les centres sociaux-culturels. Concrètement, c’est par exemple la question de l’offre en direction des jeunes et des enfants qui est pointée. Dans certains endroits, elle tend à disparaitre totalement, laissant du coup les jeunes livrés à eux-mêmes.

Avérous abandonne les quartiers populaires

Pour expliquer cette dégradation, le voeu de l’insoumis rappelles les évolutions sou le mandat de Gil Avérous. En 2016, l’association de gestion des maisons de quartier de Châteauroux (AGMQC) a été mise en liquidation judiciaire. Ses activités ont été reprises par une autre association, l’association castelroussine de gestion des centres sociaux (ACGCS) qui a aussi repris les haltes garderies en gestion directe par la caisse d’allocations familiales du département.

Tout ce micmac technocratique a eu une conséquence simple : la baisse des moyens. La mairie a en effet profité de la fusion des structures entre elles pour baisser les subventions totales qu’elle accorde à cette question. Cette austérité pour les centres socio-culturels est à mettre en lien avec une politique globale d’abandon des quartiers populaires par Gil Avérous. C’est cette même attitude qui était dénoncée cet été dans nos colonnes par Antoine Léaument qui, dans une tribune sur l’écologie municipale, critiquait la fermeture estivale de la piscine municipale à Saint-Jean.

Droite et gauche co-responsables de la situation

Le problème est en fait antérieur à Gil Avérous. La première crise de financement des maisons de quartier date des années 1999/2000, soit il y a une vingtaine d’années. À l’époque, c’est une majorité de gauche plurielle qui gouverne la ville et qui n’arrive pas à se mettre d’accord sur une solution pérenne pour gérer les maisons de quartier de la ville et régler le déficit de l’association gérante d’alors. Depuis, les différentes équipes qui se sont succédées à la tête de Châteauroux, droite et gauche confondues, ont laissé filer le problème, entrainant une dégradation progressive de la situation dans les quartiers.

Un plan pour les quartiers 

Le voeu porté le 12 novembre au conseil proposait donc un plan pour rompre cette spirale. D’abord, consulter les habitants des quartiers pour qu’ils expriment leurs besoins et leurs aspirations. Une demande simple, mais à laquelle l’adjointe en charge du dossier auprès du maire a préféré répondre en conseil que les citoyens de ces quartiers n’avaient tout simplement rien à proposer. Incroyable de mépris et surtout d’ignorance quand on sait le succès rencontré par Châteauroux citoyen à chaque espace d’expression ouvert.

Le voeu suggère ensuite d’établir, à partir de cette consultation, un nouveau programme des centres socio-culturels puis de mettre les moyens qui correspondent. En somme : mettre les habitants au coeur, les besoins au point de départ et l’argent comme moyen. Le voeu a bien sûr été refusé, mais, qui sait, il pourrait revenir en mars prochain par la voie des urnes. Dans un premier temps, parions qu’il nourrira les discussions lors de la cleanwalk organisée aux Grands-Champs samedi 16 novembre à 11h puis à l’assemblée citoyenne qui se tiendra le lendemain à la cafétéria Grands-Champs, dimanche 17 novembre à 14h.


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