CHÂTEAUROUX – Gil Avérous veut-il tuer la vie nocturne dans notre ville ?

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Un mois après, les commerçants du centre-ville commencent déjà à ressentir les effets néfastes de la décision de Gil Avérous. Souvenez-vous : le maire Les Républicains avait pris le 1er août dernier un arrêté municipal obligeant les établissements du centre-ville à ranger leurs terrasses au maximum à une heure du matin. Jusqu’en juillet, les derniers clients profitant d’un verre dans les nuits d’été étaient priés de partir à 2 heures. Trop tard pour l’édile qui déplore que « la multiplication des établissements en centre-ville » entraine trop de bruit.

Dommage, car cette vie nocturne castelroussine fait partie des points d’attraction de notre ville. De fait, ces dernières années ont été l’occasion d’un profond renouvellement des nuits castelroussines avec l’ouverture de nouveaux lieux culturels et festifs, portés par une nouvelle génération soucieuse de redynamiser Châteauroux et d’y accroitre l’offre musicale. Et ça marche : les terrasses, en effet, ne désemplissent pas. Mais donc, depuis le 1er aout dernier, elles doivent désormais fermer une heure plus tôt, sous peine de se voir imposer une suspension temporaire – voire définitive – du droit d’exploitation pour l’établissement.

Un tournant sécuritaire de Gil Avérous

Par cette décision, Gil Avérous semble confirmer son tournant sécuritaire dans la gestion de la vie nocturne de la ville. Elle a suivi la polémique qu’il a suscité en modifiant le règlement de la police municipale pour l’armer de LBD. L’affaire avait provoqué de forts remous dans la ville avec une pétition à 1300 signataires, une centaine du courriers envoyés au maire, la création d’un comité fédérant gilets jaunes, insoumis et jeunes pour le climat.

Le 28 juin, dans un courrier adressé à ses opposants, Gil Avérous justifiait cette décision par la nécessité d’organiser une « patrouille de nuit » chargée notamment de gérer d’éventuels incidents à la sortie des bars et des boîtes de nuits… à coups de flashballs ! Une représsion disproportionnée contre les fêtards dénoncée par Antoine Léaument dans une lettre ouverte publiée dans nos colonnes.

Mettre fin aux nuisances sonores sans répression

Il est vrai que la renaissance de la vie nocturne castelroussinne amène avec elle des nuisances sonores. Comme dans toutes les villes qui connaissent ces phénomènes, cela entraine des plaintes légitimes de la part des riverains des rues les plus fréquentées. Cependant, ces conflits d’usages peuvent se règler parfois sans avoir recours à la répression. Dans la ville de Paris, par exemple, l’association « les Pierrots de la Nuits », créée en 2011 à la suite de conflits entre riverains et bars, sensibilise les noctambules, encourage des façons de faire la fête respectueuses du sommeil du voisinage et favorise le dialogue entre les acteurs de la nuit et les habitants.

Par ailleurs, le problème peut souvent être résolu par des travaux d’isolation phonique des logements. L’agence nationale pour l’habitat prévoit d’ailleurs des aides financières pour les particuliers à cette fin. Si elles ne couvrent pas l’entièreté des travaux, rien empêche une maire comme celle de Châteauroux de mettre en place ses propres aides pour compléter, ciblées sur les logements particulièrement touchés par la pollution sonore.

Avérous contre la culture alternative   ?

Le choix fait par Gil Avérous est tout autre et risque de tuer la culture alternative à Châteauroux. Dans l’édito d’un des dernier numéro de « Châteauroux métropole », il s’enorgueillissait pourtant de la vie culturelle de la ville : « l’attractivité de notre territoire y gagne, notamment en termes d’image. Châteauroux est bien une agglomération qui bouge, pour changer sa perception auprès des médias, des décideurs et du grand public », écrivait-il.

Ces belles paroles n’englobent apparement pas la vie nocturne, souvent propice à l’épanouissement des contre-cultures. L’an dernier, déjà, il n’avait pas apporté son soutien pour tenter de sauver le festival de musique « Off the dark » co-organisé par « le Comptoir Sonore », le « Bruit qui Tourne » et le « Sans-Chichi », contraints d’annuler les concerts prévus suite à une plainte de festival Darc et de son initiateur, Eric Bellet.

Pourtant, une aspiration existe pour le développement de la vie nocturne et des cultures alternatives à Châteauroux. En témoigne cette contribution laissée sur le site internet participatif « Châteauroux citoyen » lancé en vue des municipales de 2020 qui suggère de « proposer à Châteauroux des rendez-vous mensuels laissant la scène ouverte à des rappeurs, slameurs, chanteurs urbains. Mêlant des figures nationales avec des talents locaux ». De tels espaces de liberté ne font pas parti du projet du maire. Dommage, car ils contribuent, eux aussi à faire l’attrait et la réputation d’une ville, notamment auprès de la jeunesse !

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