M. Avérous, interdisez les pesticides à Châteauroux ! – Lettre ouverte d’Aymeric Compain

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Lettre ouverte d’Aymeric Compain (conseiller municipal «La France insoumise») à Gil Avérous (maire «Les Républicains» de Châteauroux et président de Châteauroux Métropole).

Monsieur le Maire, 

Vous n’êtes pas sans savoir que le mouvement populaire en faveur de l’interdiction des pesticides s’amplifie. Depuis le mois de mai, des maires ont décidé d’amplifier cette mobilisation en prenant des arrêtés anti-pesticides. Ce mouvement des maires a commencé par l’acte courageux de celui de la petite commune d’Ille-et-Vilaine, Langouët.

En effet, le 18 mai 2019, Daniel Cueff a pris un arrêté de bon sens pour protéger sa population : l’interdiction totale de l’usage des pesticides dans un rayon de 150 mètres autour des habitations. S’il a agit ainsi, c’est en raison de l’inaction coupable du gouvernement, plus soucieux des intérêts de l’industrie agroalimentaire que de la sécurité sanitaire des Français. 

Si le 27 août dernier, la justice administrative a suspendu l’arrêté du maire de Langouët, les juges ont expliqué dans leur décision, dont Daniel Cueff a fait appel, que l’interdiction des produits phytopharmaceutiques est une compétence exclusive de l’État. Mais le gouvernement n’utilise pas cette compétence. C’est d’ailleurs le sens de la décision du Conseil d’État du 26 Juin 2019 d’annuler un arrêté du gouvernement réglementant l’utilisation de ses produits parce «qu’il ne prévoit pas de dispositions destinées à protéger les riverains des zones traitées par des produits phytopharmaceutiques ». 

L’échelon communal se voit donc interdit de pallier à l’inaction du gouvernement de Macron dénoncées pourtant par le Conseil d’État ! Pourtant depuis cette décision injuste, de nombreux maires des quatre coins de la France, de gauche, de droite, sans étiquette, de communes rurales ou urbaines ont à leur tour pris des arrêtés anti-pesticides en soutien à la démarche du maire de Langouët. Ce mouvement dépasse les clivages, du maire communiste de Gennevilliers à celui, membre de l’UDI, de Sceaux : les bonnes volontés ont compris qu’il s’agissait avant tout de l’intérêt général. 

La sortie des pesticides à court terme et la bifurcation totale de notre modèle agricole est un impératif dont dépend l’avenir de la profession agricole mais aussi l’avenir du vivant en général et des êtres humains en particulier. L’épandage massif de ces produits est aussi bien responsable de maladies professionnelles que d’un véritable écocide : la disparition d’un tiers des oiseaux en quelques décennies dans nos campagnes, la moitié des espèces d’insectes en danger sur la planète. Les petits pas ne suffisent plus : il faut des actions radicales maintenant, sans quoi nous laisserons un monde dépeuplé après nous. C’est pourquoi les maires qui prennent des arrêtés malgré la décision du tribunal administratif ont profondément raison. Si c’est ce qu’il faut pour changer les choses, n’ayons pas peur d’un peu de désobéissance pacifique ! 

Monsieur le maire, lors du conseil municipal du 22 mai 2019, nous avons eu une discussion sur ce sujet capital de la préservation de notre biodiversité. Elle faisait suite à un vœu que j’avais déposé pour manifester le soutien de la ville de Châteauroux à l’appel « Nous voulons des coquelicots » qui organise des rassemblements hebdomadaires dans toute la France jusqu’à ce que des mesures d’interdiction des produits dangereux soient adoptées. Ce vœu a été adopté et je m’en félicite. Vous aviez rappelé à cette occasion que les services municipaux n’utilisent plus de produits phytosanitaires pour les espaces verts municipaux. C’est la vérité et je m’en réjouis. Cependant, selon un site d’information en ligne, plus de 3000 kg de pesticides sont toujours utilisés par an dans notre commune à titre privé. Ces pesticides dangereux sont répandus sur des cultures à proximité d’habitations.

Monsieur le Maire, par cette lettre, je vous demande de faire en sorte que notre commune rejoigne la cohorte de celles qui se battent pour notre santé et pour l’avenir du vivant. Prenez un arrêté d’interdiction des pesticides autour des habitations à Châteauroux. Ce n’est pas un enjeu partisan : je crois que nous pouvons faire fi des étiquettes pour, en tant que citoyens, soutenir une telle initiative. Montrez que les Castelroussins sont résolus à faire face aux immenses défis environnementaux qui se dressent face au genre humain et qu’ils ne seront jamais dans le camp de ceux qui regardent passer la catastrophe sans rien faire. Agissez : vous en avez le pouvoir et la responsabilité.

Avec mes salutations républicaines, 

Aymeric Compain
Conseiller municipal «La France insoumise» de Châteauroux


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