Grâce aux insoumis, la ville de Châteauroux soutient l’appel des coquelicots contre les pesticides

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ils se réunissent tous les vendredis soirs sur la place de la République pour demander l’interdiction des pesticides. Comme dans de nombreuses villes de France, des Castelroussins, à l’appel des associations Vigilance OGM36 et Indre Nature, manifestent ainsi depuis des mois leur détermination pour forcer nos dirigeants à tourner la page d’un modèle agricole dangereux pour notre environnement et notre santé. L’effondrement spectaculaire de la biodiversité, en particulier la disparition très rapide des populations d’insectes et d’oiseaux, est en effet directement lié à l’utilisation massive des pesticides. Leurs impacts néfastes sur la santé, comme sur le développement des cancers, des malformations, de l’infertilité est aussi scientifiquement prouvé. 

Un vœu insoumis adopté 

C’est pour réagir à cette catastrophe en cours que l’appel national « Nous voulons des coquelicots » a été lancé en septembre 2018. Il demande l’interdiction rapide de tous les pesticides de synthèse en France. A ce jour, il a été signé par plus de 700 000 personnes. C’est pour lui donner encore plus de force que le conseiller municipal insoumis castelroussin Aymeric Compain, lui même régulièrement présent aux rendez-vous du vendredi soir, a eu l’idée de proposer un vœu au conseil municipal du 22 mai 2019 pour que la ville de Châteauroux soutienne officiellement cet appel. Une démarche couronnée de succès car le vœu a été adopté par le conseil, malgré l’abstention de toute la majorité sur consigne de Gil Avérous. Grâce à l’opiniâtreté de l’insoumis et au le lien étroit qu’il entretient avec les luttes écologistes, notre ville rejoint celles de Villeurbanne, Paris ou Brest pour demander au gouvernement d’interdire les pesticides. 

Châteauroux ne peut pas « peser » selon Gil Avérous

Un point vient néanmoins ternir la belle unanimité trouvée autour de cette cause d’intérêt général : l’abstention de la majorité et la justification du maire. Pour lui, la ville de Châteauroux ne serait pas légitime à se prononcer sur une question aussi importante, parce que trop petite. « Quoique l’on dise, quoique l’on fasse, ce n’est pas l’avis de la ville de Châteauroux qui va peser » a-t-il asséné, défaitiste. Un manque de confiance étonnant dans la ville qu’il est pourtant censé représenter. Ce point de vue, Aymeric Compain ne le partage clairement pas. En effet, il soutient activement la démarche « Châteauroux citoyen » en vue des municipales, dont le texte fondateur proclame : « n’ayons pas peur d’être ambitieux pour notre ville ! ». 

Antoine Léaument, autre soutien de cette démarche participative signait d’ailleurs récemment une tribune sur l’écologie municipale dans nos colonnes dans laquelle il déclarait « Certes, Châteauroux n’est pas la France, encore moins le monde. Mais il faudra bien que certains rompent avec le système climaticide pour démontrer la possibilité d’un chemin d’harmonie avec notre environnement. Si Châteauroux, dans le futur, est de ceux-là, ce n’est pas la taille de notre ville qui comptera aux yeux de l’extérieur mais l’audace des actes que nous poserons devant notre humanité commune ». Une attitude radicalement opposée à celle de Gil Avérous, donc. 

L’exemple d’un arrêté municipal d’interdiction des pesticides

D’autant qu’il y aurait moyen de faire davantage avec les compétences municipales. Si les services de la ville n’utilisent plus de produits phytosanitaires pour l’entretien de ses espaces verts, des pesticides sont toujours utilisées dans la commune. Une carte publiée par le site Médiapart montre les achats de pesticides par commune. À Châteauroux, en 2017, 3347 kg de produits ont été achetés et utilisés. C’est notamment le fait de l’exploitation de terrains agricoles. La mairie pourrait réagir : récemment, le maire de  Langouët, en Ile-et-Villaine, a pris un arrêté d’interdiction des pesticides sur le territoire de sa commune. Il est actuellement en conflit avec la préfecture qui conteste devant le tribunal administratif la validité de son acte. C’est le genre de bras de fer qu’il faudrait multiplier pour bousculer nos dirigeants, et que Gil Avérous ne veut pas engager.

Vous avez lu cet article jusqu’ici. Il vous a plu ?
Abonnez-vous gratuitement à la Newsletter ci-dessous :


Vous pouvez également partager cet article sur les réseaux sociaux à l’aide des boutons ci-dessous :

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire