CHÂTEAUROUX – Gil Avérous privatise le nettoyage des écoles municipales

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Le conseiller municipal France insoumise Aymeric Compain a fait parler de lui à la suite du conseil municipal du 22 mai pour son vœu demandant à Gil Avérous d’abandonner son projet d’armement de la police municipale. Mais ce ne fut pas la seule passe d’arme entre le maire et son opposant ce jour là. Plus tôt dans la soirée, la discussion portait sur l’attribution des marchés de nettoyage pour les écoles élémentaires le Grand Poirier et Jean Racine. Pour la première fois, le maire de Châteauroux a en effet décidé de confier l’entretien ménager de ces écoles à des sociétés privées.

Une nouvelle privatisation

Jusque-là, ces tâches étaient confiées à des agents municipaux, bénéficiant de la protection et des conditions de travail minimales que l’on trouve dans la fonction publique territoriale. Mais sur ce sujet comme sur d’autres, le maire « Les Républicains » de Châteauroux assume une logique de privatisation. Quand on l’interroge sur ses projets, il répond sans ambages  : « effectivement, c’est bien un début de privatisation du service de nettoyage des écoles, pour être très clair (…) si l’expérimentation (sur ces deux écoles) est satisfaisante, ce sera la généralisation par la suite aux autres écoles ».

Le nettoyage des écoles n’est pas un cas isolé. Dans tous les domaines, Gil Avérous semble malheureusement imprégné du dogme libéral selon lequel le privé est plus efficace et moins cher que le service public – une théorie que l’on peine à vérifier dans la pratique, du train au gaz, en passant par les autoroutes. Ainsi, sous sa mandature les effectifs municipaux sont passés de plus de 1000 agents à 600. Et si une partie de ces emplois ont été transférés à la communauté d’agglomération, la place du public recule néanmoins. Au total, on ne compte pas moins de 82 suppressions de postes sur sa mandature ! Un véritable plan social qui ne dit pas son nom. Une logique refusée haut et fort par l’insoumis Aymeric Compain… à tel point que cela semble agacer le maire. «  Je suis contre la privatisation des services  » a assené le premier avant de se faire sèchement couper par Gil Avérous, visiblement énervé  : «  oui, on s’en doutait  !  ».

Le choix contestable de l’entreprise ONET

Une attitude qui, une fois de plus, a laissé peu de place au débat contradictoire au sein du conseil municipal. Peut être que le maire ne voulait pas que l’on s’attarde sur l’entreprise à laquelle il a confié le ménages dans ces deux écoles. Il s’agit en effet d’ONET, une société multinationale qui réalise chaque année 1,9 milliards d’euros de chiffre d’affaire et qui, ces derniers temps, a fait parler d’elle concernant les conditions de travail de ses salariés.

Fin 2017, une grève historique des agents de nettoyage, très majoritairement des femmes, des gares parisiennes a mis en lumière le peu de considération avec laquelle l’entreprise traite son personnel. Ces femmes, toutes payées au salaire minimum, à temps partiel, souvent en CDD, pratiquant des horaires décalés au petit matin ou dans la nuit, ont dû se mettre 45 jours en grève pour arracher 2 euros supplémentaires sur leur prime de repas.

La privatisation du ménage des écoles castelroussines pose donc une question morale  : notre ville peut-elle accepter que les travailleuses qui participent au bon fonctionnement du service public soient traitées de cette façon  ?

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