M. Avérous, faisons de Châteauroux un modèle démocratique pour le référendum sur Aéroports de Paris (ADP)

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Lettre ouverte à Gil Avérous, maire de Châteauroux et président de Châteauroux métropole.

Monsieur Avérous,

Le 11 avril dernier, la loi PACTE était définitivement adoptée. Cette loi fourre-tout du macronisme contient la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP). Il s’agit d’une aberration économique et d’une mise en cause profonde des intérêts stratégiques de la nation.

Heureusement, grâce à l’action commune de députés issus de toutes les forces politiques représentées au Parlement, exception faite d’En Marche et du Front national, une issue reste possible pour empêcher cette folie  : un référendum d’initiative partagé (RIP). Le Conseil constitutionnel a validé la procédure. Elle a été présentée le 13 juin par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Un site pour recueillir les signatures a été mis en ligne. Il faut maintenant 4,7 millions de soutiens à cette initiative en neuf mois pour que le référendum ait lieu.

La bataille contre la privatisation d’ADP commence. Pour la mener et remporter la victoire, il faut que le peuple tout entier se fédère, indépendamment des clivages politiques qui peuvent, parfois, le diviser.

C’est la raison pour laquelle les insoumis de Châteauroux déposeront un vœu lors du Conseil municipal du 26 juin prochain afin de vous proposer de mettre en place quelques mesures pour faire de notre ville un modèle démocratique pour la collecte des signatures.

Par la voix d’Aymeric Compain, l’unique élu que compte la France insoumise dans la municipalité, nous vous proposerons, ainsi qu’à l’ensemble des élus du Conseil municipal, d’agir ensemble pour :
– installer des points de recueil physique des soutiens au référendum en mairie et dans les quartiers de la ville ;
– informer par voie de communications municipales (distribution dans les boîtes aux lettres, affichage municipal, courrier électronique) les citoyennes et les citoyens de la procédure de recueil de – soutien et de la localisation des points de collecte municipaux ;
– faciliter l’organisation de débats dans tous les quartiers avec les citoyennes et les citoyens en permettant l’accès à des salles, en communiquant les informations sur l’organisation de ces réunions.

Par ces quelques mesures facile à mettre en œuvre et qui ne grèveront pas le budget de la ville, nous espérons qu’un maximum de citoyennes et de citoyens qui le désirent pourront apporter leur signature pour que ce référendum ait lieu.

Monsieur Avérous, nous espérons vivement que vous saisirez cette main tendue et que vous saurez, au nom de l’intérêt général, mettre pour un temps de côté les désaccords politiques qui le plus souvent nous opposent. Il le faut si nous voulons stopper la folie que représente la privatisation d’ADP.

Car avec la privatisation d’Aéroports de Paris, c’est la souveraineté de la France sur ses propres frontières qui est menacée. Et quelle frontière  ! Chaque année, plus de 105 millions de personnes transitent par les aéroports Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget. C’est plus que la population française  ! Nous refusons de laisser une entreprise privée, soumise à des logiques de rentabilité plus que de sécurité, gérer un tel nombre de voyageurs chaque année. Nous pensons qu’il appartient à l’Etat de s’occuper des frontières et des personnes qui les franchissent, pas à des entreprises !

Mais ADP, c’est aussi un collectif de travail qui emploie plus de 6 600 personnes en France et dont l’activité génère plus de 122 000 emplois indirects. On ne peut prendre le risque que des logiques de profit de court terme mettent en danger ces activités. La privatisation est une menace pour l’emploi dans notre pays et pour les savoir-faire techniques qui y sont associés. Plus largement, cette privatisation représente aussi une menace pour les nombreuses activités d’ADP à l’étranger et pour les plus de 18 000 personnes que le groupe y emploie. Elle est une menace pour les intérêts stratégiques de la France dans les pays où cette entreprise est implantée.

Par ailleurs, comme l’écrit Le Monde Diplomatique, « ADP est actuellement une machine à cash, qui a rapporté à elle seule 173 millions d’euros de dividendes à la collectivité l’an dernier : autant d’argent perdu pour les contribuables en cas de privatisation ». Pourquoi, dès lors, le président de la République, pourtant censé défendre les intérêts de la France, tient-il à ce point à cette privatisation ? Serait-ce parce qu’il envisage de faire racheter en partie le groupe ADP par le fonds d’investissement Ardian où vient de repartir travailler l’un de ses proches, Emmanuel Miquel, conseiller « entreprise, attractivité et export » à l’Elysée de juin 2017 à mars 2019 (juste avant le vote de la loi !) et membre de l’équipe financière du candidat Macron lors de la campagne électorale ?

On l’a compris  : la décision de privatiser Aéroports de Paris est suspecte, absurde et dangereuse. Elle est contraire à l’intérêt général. C’est donc pour défendre celui-ci que nous vous appelons à mettre de côté, le 26 juin prochain, les désaccords politiques qui nous séparent le reste du temps et à voter favorablement au vœu que présentera notre conseiller municipal Aymeric Compain.

Nous avons neuf mois pour collecter, dans tout le pays, 4,7 millions de signatures pour que se tienne un référendum contre la privatisation d’ADP. La tâche est immense. Mais quand le peuple se fédère et tend ses efforts dans une même direction, nul ne peut l’arrêter. Il s’agit donc maintenant pour nous tous d’être à la hauteur de ce moment inédit de notre histoire collective.

Veuillez agréer, monsieur Avérous, l’expression de mes salutations républicaines.

Antoine Léaument

 

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