CHÂTEAUROUX – Le maire Gil Avérous veut armer la police municipale de LBD et d’armes à feu

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Le conseil municipal du 27 mars a été l’occasion d’un débat sur un sujet passé plutôt inaperçu malgré le caractère spectaculaire des informations qu’il révélait. Le maire Gil Avérous avait mis à l’ordre du jour le nouveau règlement intérieur de la police municipale. Un document qui pourrait paraître technique, mais il n’en est rien !

En effet, l’édile castelroussin y prévoit pour les agents municipaux un armement que ne renierait pas le sulfureux maire d’extrême-droite de Béziers, Robert Ménard. Il ne s’agit de rien de moins que d’équiper la police municipale des très controversés lanceurs de balles de défense (LBD), aussi appelés « flashballs », mais aussi d’armes à feu ! Notre journal lance une pétition contre cette décision irresponsable et dangereuse et vous appelle à la signer en cliquant sur le bouton ci-dessous :

23 éborgnés par LBD dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes

Les LBD sont depuis plusieurs mois au cœur de la polémique suite à leur utilisation massive dans la répression violente que le pouvoir a abattue sur le mouvement des Gilets Jaunes. Une réalité que le conseiller municipal de la France insoumise Aymeric Compain a éte le seul à dénoncer dans son intervention : « Si on entre dans une logique de dire que toutes les polices vont être répressives, on entre dans une espèce d’escalade. Vous parliez de lanceurs de balles de défense tout à l’heure ; on a vu les effets de ces balles de défense dans la manifestation des Gilets jaunes en situation de foule. » a-t-il rappelé.

En effet, les désormais tristement célèbres « LBD » ont provoqué, depuis le début de ce mouvement social historique, la perte définitive d’un œil pour 23 personnes. Un terrible bilan qui a poussé de nombreuses associations à demander son interdiction comme la Ligue des droits de l’Homme, le syndicat de la magistrature et quatre autres, qui ont déposé un recours devant le conseil d’Etat sur le sujet. Le défenseur des droits, Jacques Toubon a lui aussi demandé son interdiction immédiate. Une position relayée par les insoumis à l’Assemblée nationale, notamment dans le cadre des débat sur le projet de loi justice en février dernier. Même l’ONU s’est inquiétée de « l’usage excessif de la force » par la police et le gouvernement dans un communiqué pour le moins inhabituel pour la France. Le gouvernement lui-même a fini par reconnaître qu’il s’agissait « d’armes de guerre ».

Austérité pour la police nationale

Dans ce contexte, on comprend mieux l’opposition d’Aymeric Compain à ce projet du maire de Châteauroux qui semble ainsi accompagner localement la dérive autoritaire du pouvoir macroniste. D’autant plus que, comme l’a fait remarqué l’élu du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, la police municipale était l’une des dernière à jouer encore un rôle de proximité et de prévention. Le rôle de répression à proprement parler devrait en effet rester la prérogative de la police nationale, mieux formée à ces tâches. Malheureusement, ce service public est sévèrement attaqué par l’austérité : 30% des effectifs de la direction départementale de la sécurité publique de l’Indre ont été supprimé depuis 2003, d’après un syndicat. Un véritable saignée sur laquelle Gil Avérous, qui cherche pourtant à se donner l’image d’un maire soucieux de la sécurité des Castelroussins, est resté bien silencieux.

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1 réflexion au sujet de “CHÂTEAUROUX – Le maire Gil Avérous veut armer la police municipale de LBD et d’armes à feu

  1. Sur qui ces personnes seront elles censées tirer ? Pour installer quelle sorte de monde à Châteauroux et autour ? Le retour de la peine de mort déguisé en service public ne doit pas avoir gain de cause.
    Garder la paix ne peut pas être réduit à légitimer que des personnes puissent accessoirement en tuer d’autres en fonction d’occurrences qu’il suffirait d’arbitrer à posteriori pour en dégager des responsabilités. Car aucun jugement n’a jamais permis de retour en arrière s’agissant des répercutions engendrées de tous cotés d’un tel événement. Le retour de la peine de mort déguisé en service public ne doit pas avoir gain de cause.

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