Macron dans l’Indre : la ruralité qu’il abandonne mérite mieux qu’un coup de com’ – Par Antoine Léaument

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antoine leaument
Antoine Léaument est responsable de la communication numérique de Jean-Luc Mélenchon et de LFI. Il est animateur du comité d’appui de LFI à Châteauroux et rédacteur en chef de Ouste !

Emmanuel Macron se rend ce jeudi 14 février dans l’Indre pour un nouvel épisode de son « grand débat national », dont les audiences sont en chute libre. Par cette nouvelle étape de ce qu’il faut bien comprendre comme une véritable campagne électorale LREM financée par l’État, il entend faire croire que les difficultés liées à la vie dans le monde rural le préoccupent.

Pourtant, tout dans ses actes politiques montre que le président de la République se contrefiche de ces sujets. Et notre département, l’Indre, est sans doute l’un de ceux de notre pays qui ont le plus à souffrir du libéralisme macroniste débridé : de la fermeture de la maternité du Blanc aux menaces qui pèsent sur la gare d’Argenton-sur-Creuse en passant par la fermeture de deux bureaux de postes à Châteauroux, le service public y est démantelé méthodiquement. L’abandon du monde rural est, pour Macron, le prix à payer d’une politique qui se résume à l’exécution des ordres de la Commission européenne.

Face à ces attaques répétées contre des services utiles à tous, que L’État devrait garantir, les habitantes et les habitants de l’Indre ne se laissent pas abattre. Au contraire. Notre département est sans doute l’un des plus combatifs pour défendre ces biens communs du peuple.

Macron se fiche de la santé

Le cas de la maternité du Blanc est emblématique. Grâce à une lutte inventive, le collectif « C pas demain la veille » et le comité de défense de la maternité ont réussi à porter ce sujet sur la scène nationale et à faire prendre conscience de l’enjeu à un grand nombre de personnes. Malgré cela, les pouvoirs publics restent sourds. Pire : ils connaissent le problème et n’agissent que pour l’aggraver ! Au cours des 30 dernières années, 60% des maternités de notre pays ont fermé. Une catastrophe humaine et médicale voulue et organisée par les libéraux qui trouvent ces services « trop chers » et préfèrent que les futures mères fassent une heure de route pour accoucher plutôt que de garantir un accès de proximité à ces services.

D’une manière générale, dans notre département, l’accès aux services de santé est un véritable calvaire alors que la population qui y vit est plus âgée que dans le reste de la France et a donc davantage de besoins. Dans l’Indre, 34,2% des habitants ont en effet plus de 60 ans tandis que le chiffre n’est que de 25,2% pour l’ensemble du pays. Pourtant, on ne compte que 140 médecins généralistes pour les 223 000 habitants de notre département soit un médecin pour… 1 600 habitants ! Et ne parlons pas des spécialistes : il faut attendre plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste. Beaucoup parmi nous sont ainsi contraints d’aller à Tours, Orléans, Poitiers ou Limoges pour obtenir un rendez-vous.

Or, face à ce problème majeur pour les habitants de l’Indre, que fait Macron ? Il aggrave les choses ! Il a ainsi ordonné 8 milliards d’euros d’économie dans la santé pour les années 2018 et 2019. Et la « loi santé » qui était présentée ce mercredi 13 février en Conseil des ministres va accélerer les fermetures de services dans les hôpitaux de proximité. Pourtant, les solutions existent ! Jean-Luc Mélenchon en avait d’ailleurs proposé un certain nombre lors de son meeting à Châteauroux durant la campagne présidentielle. Et notamment celle-ci : créer un corps de médecins généralistes fonctionnaires rémunérés pendant leurs études, afin de pallier l’insuffisance de médecins dans certaines zones. Ça coûte trop cher ? Qu’on économise l’argent en combattant les lobbies pharmaceutiques avec un pôle public du médicament ! Qu’on supprime les mutuelles en les fusionnant avec la Sécurité sociale ! Que Macron rétablisse l’ISF qu’il a supprimé ! Face aux problèmes de la ruralité, il y a des solutions. Mélenchon les proposait ; Macron aggrave la situation !

Macron abandonne les petites lignes de train

Le même abandon se ressent pour ce qui concerne le secteur des transports, notamment dans le rail. Souvenez-vous : lorsqu’il était ministre de l’Economie de François Hollande, Macron avait péroré avec les bus qui portaient son nom. Rappel pour les gilets jaunes : ils fonctionnaient au diesel. Le carburant qu’il voulait taxer, devenu président, pour des raisons prétendument écologiques. On voit toute la duplicité du personnage dans ce seul fait ! Mais surtout, cette décision signait une volonté : celle de préparer l’abandon des petites lignes de train.

C’est de cette volonté dont la gare d’Argenton-sur-Creuse est victime. Et là encore, la résistance indrienne nous fait honneur. Avec le comité de défense de la gare, les habitantes et les habitants se mobilisent pour demander une desserte correcte de la ville, qui réponde enfin aux besoins. Ils sont désormais déterminés à mener régulièrement des actions « Stop train » pour obtenir gain de cause. Ironie du sort : Macron a choisi un jour de lutte pour venir dans l’Indre ! En effet, au moment où il sera en route vers Déols pour la nouvelle phase de son plan de com’, les Indriens en lutte arrêteront de nouveau un train à Argenton à 15h45. En ce jour de Saint-Valentin, le comité de défense de la gare appelle à se rendre à l’action avec des cœurs. Pas pour Macron : pour le service public que ce dernier détruit.

Car avec sa réforme ferroviaire de 2018, le président de la République a encore aggravé les choses. Répondant servilement aux ordres de Bruxelles, il a lancé le chantier de la mise en concurrence du rail sur les lignes régionales et bientôt nationales. Comme ses prédécesseurs avant lui, il a pointé du doigt les cheminots pour diviser le peuple. Mais la privatisation du rail que prépare cette loi aura surtout une conséquence : l’abandon des petites gares et des lignes qui ne rapportent pas assez d’argent. Pour Macron, le droit à la mobilité n’existe pas : seul le profit compte, quitte à organiser la pagaille et augmenter les coûts pour les usagers. Ainsi, au Royaume-Uni, où le système qu’il souhaite a été mis en place, les retards s’accumulent et les trains sont surchargés du fait de la surréservation organisée par les entreprises. En Allemagne, où là encore une réforme similaire s’applique, le coût d’un voyage en train est parfois le double de la France sur des distances similaires ! Le fameux « modèle allemand », sans doute.

Pas de blabla ! On veut le RIC et du fric !

Bref, sous prétexte de « grand débat », Macron veut surtout faire un coup de com’ pour faire croire qu’il se soucie du monde rural. On l’a vu : pour les deux cas emblématiques pour les Indriens que sont la santé et le service public du rail, il n’en est rien. Le président aggrave même les problèmes qui existent déjà !

Ce n’est donc pas de grand blabla macroniste dont les habitants de la ruralité ont besoin : c’est d’investissements, c’est d’argent, c’est de partage des richesses. À l’unisson du mouvement des gilets jaunes, ils demandent que les impôts financent l’égal accès de tous aux services publics, plutôt que les privilèges des amis de Macron qui vivent dans les beaux quartiers parisiens. C’est là l’application des principes d’Égalité et de Fraternité que porte la devise de notre République.

Et si monsieur Macron ne sait pas comment faire pour régler les problèmes de la ruralité, qu’il se taise et donne la parole au peuple ! Plutôt que de nous saouler de paroles durant des heures, avidement retransmises sur les chaînes d’info en continu des milliardaires qui les possèdent, qu’il mette en place le RIC (référendum d’initiative citoyenne). Le peuple sait comment régler les affaires qui le concerne. Si Macron en est incapable, qu’il nous laisse faire !

Loin du grand blabla vide de Macron, la solution pour le monde rural tient en deux mots : on veut le RIC et du fric ! Puisque le président de la République se rend dans l’Indre ce jeudi, faisons-le-lui savoir.

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