ARGENTON-SUR-CREUSE – Une «agora citoyenne» créée pour donner la parole au peuple

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Dimanche 13 janvier 2019, près de 70 personnes sont venues échanger à l’appel de plusieurs citoyen·ne·s pour parler de plusieurs thèmes : questions politiques, place du citoyen dans les décisions nationales et locales, constitution de groupes de travail, etc.

L’après-midi commence par la présentation des personnes présentes. Yann prend la parole et se lance dans un préambule à l’assemblée citoyenne, essayant de mettre des bases à l’organisation de l’après-midi (pas de médiateur, pas de hiérarchie, etc.). Lui est travailleur social et pense que tout le monde peut s’organiser dans un collectif. Il est heureux de voir les gens se réapproprier la démocratie.

David poursuit. La veille, il avait fait le tour des journalistes lors du défilé des Gilets Jaunes à Bourges pour donner son sentiment sur la politique actuelle. C’est un ancien enseignant. Il est déçu du manque d’implication des élus, critiquant le fait que seules trois mairies aient proposés des cahiers de doléances sur le canton (Gargilesse, Prissac et Le Pont-Chrétien-Chabenet). Il rappelle aussi les revendications des Gilets Jaunes : pouvoir d’achat, citoyenneté, justice fiscale et sociale.

Pour une 6e République et la fin des injustices sociales

Dans la suite de la discussion, Joël prend la parole. Il explique être intéressé par les questions relatives à la démocratie. Guillaume, élu dans une commune, propose sur ce thème la tenue d’une Assemblée constituante chargée de mettre en place une 6ème République. Marcelle, professeure à la retraite, se dit catastrophée par la désertification du canton. Pierre, retraité d’un média national et ancien maire, critique la grand débat national du président de la République. Jean-Luc rappelle la subordination des travailleurs au contrat de travail et l’importance des services publics ; pour lui, les gens devraient payer en fonction de leurs moyens et recevoir en fonction de leurs besoins. Beaucoup expliquent avoir le sentiment de ne plus être écoutés et soulignent l’impression d’une injustice sociale dans notre pays.

Les débats s’animent, parfois. Par exemple quand une personne déclare qu’il est injuste que les chômeurs gagnent plus à la maison que certains qui travaillent. Ou quand une autre parle des types de systèmes électoraux. Mais la bienveillance règne. On explique, on donne son sentiment sans attaques et sans mépris. Tout le monde autour du cercle sait qu’il est dans le même bateau que son voisin.

On sent tout de même quelques poils se hérisser quand une participante annonce travailler en collaboration avec un député européen Debout La France, élu sur une liste Front National, Bernard Monot. Mais elle n’est pas la seule personne engagée politiquement autour de la table. Des militants d’EELV, du PCF, de La France Insoumise sont là. D’autres arborent des coquelicots à la boutonnière, symbole de lutte contre les pesticides. Sont également présents beaucoup de défenseurs des services publiques argentonnais, qu’on a pu voir notamment lors des manifestations et « stop trains » des derniers mois. D’autres encore encore ont créé un jardin partagé. Bref : cette « agora citoyenne » est un melting pot de personnes engagées dans divers mouvements, associations, actions et/ou mobilisations de gilets jaunes.

Des groupes de travail créés

Les thèmes qui remontent le plus fréquemment au cours du débat sont la souffrance sociale, la démocratie, l’influence des lobbys et l’incapacité de Macron et du gouvernement à comprendre les urgences du moment.

Après quelques flottements sur la manière d’organiser les débats, les personnes toujours présentes (certaines avaient d’autres obligations et n’ont pu rester jusqu’au bout) intègrent, comme prévu dans le déroulé de la réunion, des groupes de travail. Ces groupes se réuniront et travailleront de manière autonome sur plusieurs thèmes :
– démocratie locale
– transition/mutation écologique
– fiscalité
– déroulement/règles démocratiques de l’Assemblée
– institutions nationales
– communication et actions

Dans quelques semaines, lors de la prochaine réunion de l’assemblée citoyenne, ces groupes rapporteront l’état de leurs travaux. Dans l’attente, et à l’issue de cette journée intense de débats et de décisions collectives, toutes les personnes présentes sont reparties avec une idée forte : celle que le pouvoir appartient au peuple… et que commencer à en parler ensemble, c’est commencer à se le réapproprier.

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