ARGENTON-SUR-CREUSE – 350 personnes arrêtent un train pour défendre la gare

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Samedi 21 décembre, les usagers de la gare d’Argenton-sur-Creuse étaient mobilisés contre les nouveaux horaires de la SNCF qui privent les habitants du sud de l’Indre d’un aller-retour pour Paris dans la journée. À l’appel du comité de défense de la gare pas moins de 350 personnes ont symboliquement arrêté pendant 10 minutes un train en provenance de Paris et à destination de Brive-la-Gaillarde en envahissant pacifiquement les voies.

Le mépris du gouvernement 

Cette action coup de poing était destinée à attirer l’attention des pouvoirs publics qui n’opposent pour l’instant que du mépris à l’intense mobilisation des usagers de la ligne. En effet, comme l’a raconté la présidente du comité de défense Martine Izenski, les réponses du pouvoir macroniste sont pour l’instant à côté de la plaque ou simplement inexistantes. Ainsi, lors d’une réunion début décembre, le préfet Philizot, conseiller transport auprès du Premier ministre, a commencé par proposer aux représentants des usagers mobilisés venus le rencontrer des arrêts que personne n’avait jamais demandé. Il a ensuite promis de transmettre par écrit les propositions du gouvernement afin qu’elles puissent être présentées lors d’une réunion publique aux habitants, ce qu’il n’a jamais fait. Quant aux courriers envoyés à Macron ou à la direction de la SNCF, ils sont simplement restés sans réponse.

Pour le maintien des services publics dans la ruralité

Une attitude qui n’est pas sans rappeler celle opposée à d’autres luttes pour le maintien des services publics. C’est le cas notamment de la maternité du Blanc où une mobilisation très suivie, active et populaire n’aura pas suffi à amener le gouvernement à ouvrir une négociation. Dans le cas d’Argenton comme dans celui du Blanc, les habitants sont pourtant soutenus dans leur démarche par des élus municipaux. Sur les voies, le 21 décembre, on a par exemple pu croiser Guillaume Chaussemy, adjoint au maire du Pont-Chrétien-Chabenet ou encore Vanick Berberian, maire du village de Gargilesse-Dampierre et président de l’association des maires ruraux de France. Celui-ci attaquait déjà Macron avec virulence dans un édito publié en septembre 2018 dans lequel il l’accusait de mener une  » politique déconnectée des réalités locales  » et de vouloir  » attaquer  » l’institution communale.

Il faut dire que si la gare d’Argenton mobilise autant, avec une action cette fois-ci à 350 personnes, une autre en septembre qui avait mobilisé 1000 personnes et une pétition signée par près de 10 000 habitants, c’est qu’elle résonne fort dans un monde rural abandonné progressivement par l’État et les services publics. Sur place, on fait aussi le lien avec les deux bureaux de postes castelroussins menacés de fermeture. Cette problématique de l’éloignement toujours plus important des services publics conjuguée à la contradiction entre l’injonction à ne plus prendre sa voiture quand en même temps on supprime des trains sont au cœur de la mobilisation des gilets jaunes qui se poursuivait ce samedi. C’est donc logiquement qu’on a pu observer une convergence entre la lutte pour la gare d’Argenton et celle des gilets jaunes dont certains étaient venus en renfort. Usagers, membres du comité de défense, élus, gilets jaunes, tous criaient d’une même voix sous le regard amusé des passagers du train 3626 :  » rendez-nous nos trains ! « . Chacun s’est promis en partant de revenir plus fort et plus souvent après les fêtes, jusqu’à ce que le gouvernement entende leurs demandes légitimes.

 
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