SONDAGE – le mouvement politique qui soutient le plus le RIC est… ?

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Effrayant pour les élites, le référendum d’initiative citoyenne est plébiscité par le peuple. C’est ce que nous apprend un sondage Odoxa réalisé pour le Figaro et France Info publié le 21 décembre. 78% des personnes interrogées s’y disent « tout à fait favorables » ou « plutôt favorables » au RIC. Seuls 5% des français se déclarent « tout à fait opposés » à cette forme de démocratie directe. Ce large soutien traverse les catégories sociales, nous apprend l’institut.

Les insoumis à la pointe

Le sondage informe aussi sur le soutien par sensibilité politique. Et on y découvre que les sympathisants de la France insoumise sont de loin les plus favorables au RIC. En fait, cette question forme presque un consensus parfait au sein des électeurs du mouvement de Jean-Luc Mélenchon puisqu’ils sont 96% à y être favorables. C’est bien plus que les sympathisants des Républicains (71%), du parti socialiste (78%) et même du Rassemblement national (93%). À noter que, chez les insoumis, on ne trouve aucun répondant pour déclarer qu’il est « tout à fait opposé » au RIC. Une performance que l’on ne retrouve pas dans les électorats des autres formations politiques.

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Le RIC, comment ça marche

Ce sondage en rappelle un autre réalisé également par Odoxa et publié le 23 novembre dernier. Il portait sur le soutien au mouvement des gilets jaunes. Là encore, les sympathisants insoumis étaient les plus nombreux à se déclarer en soutien, à 97%. Une quasi-unanimité qu’on ne retrouvait pas chez les sympathisants du Rassemblement national (86%), des Républicains (78%) ou du Parti socialiste (74%).

Le soutien exceptionnel des insoumis pour le RIC n’est pas étonnant. En effet, au cœur des ambitions de la France insoumise, on trouve la volonté de passer à une sixième République dans laquelle le peuple deviendrait véritablement le souverain. Le RIC figurait dans le livre-programme L’Avenir en Commun dans la partie intitulée « Une République permettant l’intervention populaire ».

Il a aussi été plusieurs fois défendu à l’Assemblée nationale par les députés insoumis. Lors de la discussion sur la révision constitutionnelle, le groupe présidé par Jean-Luc Mélenchon avait notamment présenté des amendements pour instaurer le RIC pour proposer ou abroger une loi et révoquer un élu. Encore le 20 décembre dernier, le tribun a salué le surgissement du RIC dans le débat grâce aux gilets jaunes à la tribune de l’Assemblée nationale. « Le peuple souverain s’avance exprimant des revendications comme le référendum d’initiative citoyenne » a-t-il déclaré, sous les cris et les hués de députés macronistes excédés.

En marche contre la démocratie

Autre enseignement de ce sondage : la seule catégorie de personnes interrogées à ne pas soutenir majoritairement le RIC sont les sympathisants d’En Marche. 58% d’entre eux rejettent la mesure plébiscitée par tous les autres. Ils sont même 15% à y être « tout à fait opposés ». Une opinion qui cadre avec les déclarations de la plupart des porte-paroles du mouvement. Ainsi, Stanislas Guérini, délégué général de LREM déclarait le 17 décembre : « Je ne veux pas que demain on puisse se réveiller avec la peine de mort dans notre pays parce qu’on aura eu un référendum d’initiative citoyenne». Une phrase qui en dit beaucoup sur le mépris et la peur que lui inspire le peuple : celui-ci ne pourrait avoir que des intentions mauvaises, stupides ou réactionnaires. Ce rejet du référendum de la part des macronistes confirme les résultats d’une étude publiée dans le New York Times en mai 2018 dans laquelle le chercheur David Adler montrait, chiffres à l’appui, que les centristes sont les plus hostiles à la démocratie.

Les macronistes ont beau jeu d’opposer la « démocratie représentative » au RIC. Cet argument en république ne peut pas avoir de sens : toute la légitimité vient du peuple, qu’il s’exprime à travers ses représentants ou directement par voie référendaire. On note que les marcheurs avaient moins peur quand il s’agissait d’organiser des référendums d’entreprise pour baisser les droits sociaux des salariés ! Une mesure qu’ils ont fait passer dans les ordonnances travail.

Mais il faut ici rappeler que la dernière fois qu’il y a eu en France un référendum national, c’était en 2005. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le vote du peuple n’était pas allé dans le sens ultralibéral que défendent aujourd’hui les députés macronistes ! Sans doute craignent-ils donc, avec le RIC, de voir l’impôt sur la fortune être remis en place. Ou peut-être craignent-ils tout simplement de se faire dégager un à un par des référendums révocatoires qui pourraient alors se tenir ! Bref… quelle que soit la raison de leur refus, une chose est certaine désormais : c’est que les macronistes ont peur du peuple !

 
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